« Les prévisions démographiques sont utilisées comme un argument d’autorité avec le risque non négligeable de légitimer des effets d’annonce »

L’Arau a publié en mars 2012 un excellent article mettant en garde contre les projections démographiques et appelant à plus de transparence.  Cet article mérite une lecture extrêmement attentive.
Extraits choisis
Aux yeux de l’ARAU, la sous-capacité d’accueil des crèches et écoles et la saturation destransports en commun ne relèvent pas uniquement d’un boom démographique « soudain »mais également (et principalement ?) de décennies de sous-investissement, d’impéritie des opérateurs (Communes, Fédération Wallonie-Bruxelles, STIB, …) et du sous-financement structurel de Bruxelles.
L’enjeu est donc de ne pas laisser faire n’importe quoi n’importe où, comme on a laissé (et laisse encore) faire le « marché du bureau », avec le résultat que l’on connait : une surface inoccupée de 1.196.123 m² dans la Région avec des taux de vacance de plus de 20 % en deuxième couronne nord-ouest. Le quartier de l’avenue Marcel Thiry, par exemple, livré aux bureaux dans les années 70-80 malgré son accessibilité réduite et une mauvaise desserte en transports en commun, est devenu un cimetière tertiaire. Les courtiers ont fait leur mea culpa mais il était trop tard : le marché est incapable de s’autoréguler. Si certains de ces bureaux sont aujourd’hui reconvertis en logements, il n’en reste pas moins d’importants problèmes de mobilité dans le quartier. À tel point qu’Olivier Maingain, bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, en vient à réclamer une bretelle d’accès à l’autoroute E40 (en totale contradiction avec le Plan Iris II qui vise à réduire la pression automobile à Bruxelles).  Cette situation est imputable à des erreurs de planification, tant en ce qui concerne l’affectation monofonctionnelle du sol que le choix du « tout à la voiture ». Ces erreurs de planification ont également pour conséquence de rendre difficile la reconversion : il n’est en effet pas aisé d’intégrer les équipements et les services allant avec le logement dans des zones où il n’a pas été prévu d’en accueillir.
la majorité des nouveaux habitants attendus à Bruxelles sont pauvres et les promoteurs produisent en priorité des logements destinés aux segments supérieurs du marché
A ce propos, l’exemple de l’immeuble adjacent aux ex-bureaux d’Axa (le n°23) risque de confirmer cette tendance.  L’intention de Cofinimmo, propriétaire des lieux, de convertir cet immeuble de bureaux en appartements résidentiels risque de confirmer le postulat s’il était avéré que les logements envisagés seront des logements « de haut standing ».  (voy. par exemple cet article dans La Libre)
L’Arau n’est pas le seul à mettre en garde contre l’inadéquation de l’offre et de la demande. En présence de la Ministre Céline Frémault, Eric Verlinden du réseau d’agences Trevi invitait, en 2014, à revoir l’offre afin de la faire coïncider avec la demande, non sans jeter un pavé dans la marre:
« Est-on en train de produire trop de logements à Bruxelles ? »
La hausse du nombre de logements neufs en production est passée de 3 600 unités, en 2013, à…, 4 500, en 2014, en ce compris les permis délivrés et les promotions en cours. « Il s’agit d’un bond de 25 % », met-il en garde.

[…]

« Est-ce que les promoteurs développent le type de produits dont Bruxelles a réellement besoin ? »

suroffre de logements à Bruxelles LLBlire la suite

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