Un boom démographique à relativiser

Il est répandu de parler de boom démographique comme si la Région bruxelloise était assiégée d’une population complètement inédite. Les courbes de population généralement diffusées illustrent d’ailleurs cette tendance en affichant une ligne qui monte de manière presque exponentielle.

Sans vouloir d’aucune manière minimiser cet essor démographique, il convient toutefois de la relativiser. 

En effet, il serait erroné de penser ou de laisser croire que Bruxelles traverse une poussée démographique si inédite que cela.

Au 1er janvier 1968, la Région bruxelloise comptait 1.079.181 habitant-es*.

Au 1er janvier 2016, la Région bruxelloise compte 1.180.531 habitant-es*

La différence officielle est de : + 101.350 habitant-es**.

ligne démographique 1946-20111ligne démographique 1946-2011 (2)

Source: Institut bruxellois de Statistique et d’Analyse

 

Pour le dire autrement, dès les années 60, Bruxelles avait déjà atteint le million d’habitant-es.

 

démographie par Région 1831 - 1991

source: Figure 1. Evolution comparée des populations par région depuis l’indépendance (sur le site wallonie-en-ligne.net)

Voici un tableau plus récent qui montre que le million a été dépassé dès 1965 :

démographie Bruxelles
source: Baromètre social. Rapport bruxellois sur l’état de la pauvreté 2015 (p. 11)

 

Depuis le 1er janvier de cette année, Bruxelles compte : 1.180.531 personnes recensées*

 

Totale bevolking op 01012016 _observatiedatum20160123.xlsx - population-bevolking-20160101

Source: le Service public fédéral Intérieur

Laissons à Chloé Delvigne les mots de la fin:

Pour une politique des petits pas ?

En d’autres mots, il ne semble pas exister à Bruxelles, ni en Belgique, de tradition politique de réflexion sur les relations entre phénomènes démographiques (immigration, émigration, vieillissement, rajeunissement, compositions familiales, structures par âges…) et aménagement du territoire (en termes de logement, de services,…), alors que ces phénomènes et réalités sont par ailleurs bien identifiés et analysés par les milieux scientifiques et certaines administrations. Cette absence laisse aujourd’hui les autorités régionales bien démunies devant la reprise démographique amorcée à Bruxelles, comme dans tant d’autres villes, depuis le début ou le milieu des années 1990 —parfois un peu avant (1982 pour Saint-Josse par exemple) ou un peu après (2000 pour Bruxelles-Ville par exemple). L’insistance des autorités, reprise par les médias, sur le fait qu’il s’agit d’un « boom » récent plutôt que d’une « croissance » entamée il y a près de 20 ans, apparaît fort comme l’aveu de cette carence.

Source: ieb.be ; la mise en gras vient de nous


*Ces chiffres officiels comprennent les personnes inscrites au registres de population et des étrangers d’une commune belge.  Autrement dit, ils ne prennent pas en compte la population en liste d’attente (du statut de réfugié-e), la majorité des sans-abris, ni les personnes sans-papier, ni les étudiant-es.  Ces personnes composent ce qu’il est devenu commun d’appeler  » la population statistiquement invisible ».

**  En 48 ans, n’avons-nous pas construit assez de logements pour les  101.350 nouvelles et nouveaux habitant-esCette question est une vraie question. Nous sommes en cours de recherche pour obtenir le nombre de bâtiments, dont de logements, construits de 1968 à nos jours.

 

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