Nourrir l’Europe en temps de crise de Pablo Servigne

« D’ici 10 à 15 ans, il faudra former en Europe 117 millions d’agriculteurs, soit 2 fois la population française » (minute 15.15)

« 2ème principe, c’est planter principalement des plantes vivaces.  Pérenne en anglais, je crois.  Vivace.  C’est-à-dire des plantes qu’il ne faut pas resemer chaque année.  Parce que resemer, c’est relabourer chaque année.  C’est beaucoup d’énergie.  Alors quelles sont les plantes vivaces.  Il y en a beaucoup qu’on utilise, comme l’ail par exemple.  Mais là il s’agira aussi de favoriser les arbustes et les arbres.  Ce qui n’est pas du tout dans notre culture agricole.  Pourquoi les arbustes et les arbres?  Parce que ça s’enracine fort, ça restructure le sol.  Ça garde l’eau.  Ça tempère le climat.  Et ça produit beaucoup. (minute 16)

Exemple: Ferme dans le Wisconsin de 40 ha. Mark Shepard appelle son agriculture la « restoration agriculture ».  Pablo Servigne appelle cela la « culture de réparation »: il a que, quasiment que des arbres.  […] des rangées de châtaigniers, avec dessous des rangées de noisetiers, et des rangées de framboisiers.  […] (minute 17)

« Une transition se fera par la base, par les gens qui sont la puissance de la transition, et par le haut, par une coordination, par des mesures institutionnelles fortes qui accélèrent le processus qui vient du bas.  Si l’un des deux échelons n’est pas présent, il n’y a aucune transition possible. »(minute 19.36)

« Je propose […] que l’on crée des cellules de crise, des task force.  Des cellules opérationnelles au niveau européen, au niveau des pays, au niveau des régions et au niveau des communes  pour gérer ces scénario de discontinuité et avoir au moins des plans d’urgence.   (minute 22.14)

 » Je ne suis pas catastrophique.  Je ne suis pas catastrophiste. J’essaie d’être le plus réaliste possible.  Parce que aujourd’hui, l’utopie a changé de camp.  Aujourd’hui, ce que vous allez voir ici, c’est réel sur le terrain.  Et l’utopie, c’est de penser que le statu quo est possible. » (minute 23.23)

 

Ajoutée le 22 oct. 2014  Pablo Servigne (http://pabloservigne.com/) présente son étude « Nourrir l’Europe en temps de Crise » au Parlement Européen en octobre 2013.
Le rapport complet en pdf « Nourrir l’Europe en temps de crise »

Dans cette conférence organisée par Etopia (Ecolo ne peut donc feindre d’ignorer les propos de Pablo Servigne), ce dernier évoquait le lock in, le verrouillage d’une technologie/d’un système.  (minute 38.27).
« […] il y avait Dacian Cioloş, le commissaire européen à l’agriculture, qui disait au public…Lui a eu des idées agroécologiques extraordinaires et il arrive pas à les mettre en place comme il veut quoi.  Et il dit, « un homme seul ne peut pas le système.  Et lui a essayé.  Et il dit même pire.  Il a dit: « la politique ne peut pas changer à elle seule le système ».  […]  Notre système politique européen est totalement verrouillé.  Olivier De Schutter le dit très bien aussi » (minute 40.00)
« La plupart de la nourriture que vous et moi allons manger la semaine prochaine n’est pas encore arrivée au pays. »  L’architecte Carolyn Steel, l’autrice de Ville affamée  (minute 41.21)
« Vous savez que [l’agriculture urbaine] revient en force actuellement dans nos villes.  En fait, il y a beaucoup de villes du Nord, des villes riches, et surtout des villes post-industrielles comme à Détroit, ça revient de manière incroyable.  En fait, ça va revenir, qu’on le veuille ou non.  Qu’on mette des politiques en place ou pas, ça reviendra, c’est sûr.  L’agriculture urbaine ne nourrira pas les villes.  Personne n’est dupe.  C’est un complément alimentaire.  Ça produit des fruits et légumes. Peut-être du petit élevage, des plantes médicinales, mais l’essentiel de l’énergie, les céréales, ça ne peut pas les produire.  On aura encore besoin des campagnes mais c’est très important pour la cohésion sociale et surtout pour retrouver ce lien entre la terre et l’assiette que nous, en ville, on a perdu. » (minute 56.05)
L’agroécologie est intensive.  Intensive en main-d’oeuvre.
« Un plein d’essence, c’est équivalent en énergie à 4 ans de travail humain » (minute 56)
« L’agriculture du futur sera une agriculture basée sur les arbres et les plantes pérennes. Pourquoi? […]  Le problème, c’est qu’il faut les planter maintenant« . (minute 60)
« Pour faire du rendement, il faut réduire les surfaces » (Ferme du Bec Hellouin)

Nourrir l’Europe en temps de crise from Ecolo.be on Vimeo.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s